sand <sandvr5@[EMAIL PROTECTED]
> wrote in news:e77c2720-c531-4c45-ba05-
01d7d28c7824@[EMAIL PROTECTED]
> Si l'on en croit les rares études sur le sujet, chimiquement rien ne
> justifie cela et l'hypothèse la plus mise en avant est celle de
> l'hygiène. Mais les légendes urbaines ont la vie dure, exemple celle
> du lait et puis c'est plus facile d'accuser un produit que soi même.
Bien sûr.
> c'est plus complexe dans le sens où c'est l'acceptation de cette
> catégorisation qui est discutée. Mettre LSD et Méthamphét dans la même
> catégorie ça a quelque chose de "brouillon", de mon point de vue. Les
> mécanismes métaboliques sont trop différents.
Ça oui, tout à fait d'accord, mais qu'est-ce qu'on appelle "chimique" ?
Justement ce terme est très imprécis : tout est finalement chimie, en
nous (même les sentiments et émotions sont de la chimie, même une NDE/EMI
peut être de la chimie...), dans la Nature, autant que dans les
laboratoires de synthèse. "Chimique" désigne en l'occurrence de fait
juste un substance métabolisable dans notre corps, quelle qu'elle soit,
sans même préjuger de son effet éventuel. Tandis que "psychédélique" se
réfère à un effet ressenti, donc à un paradigme totalement différent. Je
ne crois pas qu'on puisse judicieusement opposer (ni lier) ces termes,
ils parlent de choses bien différentes.
> Hum, mais le "problème des drogues" est justement lié à l'existence de
> produits endogènes similaires voir identiques. On touche le tabou,
> amha, "c'est mal" : oui mais si c'est mal pourquoi le corps en
> fabrique...
Je suis d'accord. Pour moi, il n'existe pas de "bien" ni de "mal", juste
des faits constatables, p.ex. des effets physiologiques de telle
molécule. Et bien entendu, si le corps fabrique telle substance, c'est
qu'elle lui sert à quelque chose. Et tout ce qui vient du corps n'est pas
automatiquement "bien" (le corps a aussi le droit de se nuire, et il sait
le faire, voir p.ex. les dérèglements auto-immunes, et il a très
certainement ses raisons de le faire, dont nous n'avons pas à juger),
tout comme tout ce qui vient de son extérieur n'est pas automatiquement
"mal".
> Sans doute mais à l'inverse, justement je n'arrive pas à séparer
> l'individuel du généralisable, l'un comme l'autre étant déterminant de
> l'expérience avec le produit.
En tant qu'individu, on ne peut évidemment n'avoir qu'une perception
individuelle, non généralisable, des effets physiologiques de telle
molécule sur son corps. Ensuite on peut faire des recherches empiriques
et appeler "science" l'entassement d'expériences toutes aussi
individuelles et non généralisables les unes que les autres... :-) Je
sais bien sûr qu'on peut rendre ça un peu moins subjectif en recherchant
des mécanismes métaboliques reproductibles de telle molécule dans le
corps humain, mais très souvent la science reste de l'empirie purement
descriptive : "on constate que ça semble se passer comme ça chez à peu
près tout le monde, mais on ne sait pas comment ça fonctionnne ni
pourquoi ça produit tel effet constatable". L'empirie est en fait
incontournable.
> Reste qu'au niveau métabolisme les
> mécanismes d'action des différents produits sont justement assez
> différents pour rendre ingénue une généralisation.
Ben oui. Et donc toute catégorisation. Si déjà, j'opte en général pour
des catégories descriptives tenant compte de constats à peu près
reproductibles, p.ex. "on a constaté que telle molécule semble produire
tels effets dans le corps humain". Sans préconiser plus d'interprétation.
> Disgrétion, tu dois connaître les textes de nada ? On a eu l'occasion
> de travailler avec lui, 2 ou 3 fois, j'aime la beauté de la violence
> de ses textes.
Nope, ça ne me dit rien.
> Et pour en revenir au sujet, oui mais justement le LSD est vraiment un
> produit à part, même encore différent des champis auxquels il est
> pourtant généralement comparé.
Oui, je sais.
> J'ai moi même un historique personnel
> long et compliqué avec les produits avec notamment une phase "les
> drogues" et c'est justement la découverte des hallucinogènes et du LSD
> en particulier qui m'a fait revenir sur un avis que je croyais
> définitif et qui me fait "combattre" cette dénomination vague "des
> drogues".
Oui, ce terme ne veut rien dire. (et c'est encore plus patent quand on
voit son usage p.ex. en anglais, où il signifie simplement "médicament" ;
un peu chamanique quelque part, la langue anglaise :-) )
> Rien que l'analogie HP/LSD est gênante et trop caricaturale, ne serait-
> ce que parce que (comme tu le soulignes) dans notre monde est encore
> trop qualifié de psychiatrique, une différence.
C'est clair. C'est bien pour ça que justement j'essaie d'éviter toutes
analogies...
> Oui c'est ce que je disais, tu restes sur l'idée de toxicomanie
Heu non, pas du tout. Je ne sais même pas définir ce qu'est "toxique" ni
ce qu'est "manie", et ça ne m'intéresse pas non plus de le savoir. Je
sais par contre que n'im****te quoi peut être utilisé de façon addictive
et destructrice, p.ex. le sucre, le travail ou le jeu (donc même des
choses liées à aucune molécule). Et que ça implique (je suis
dialecticienne :-) ) que n'im****te quoi, même les soi-disant "drogues",
peut être utile, donc non-"toxique" et sans impliquer de "manie".
Paracelse disait que la dose fait le venin, et j'y ajouterai que
l'utilisation qu'on fait de la molécule (ou du com****tement) décide
également de son effet thérapeutique ou "toxique". C'est une approche de
"guérisseur/-se", donc de chaman(e). On dit aussi "qui guérit a raison",
sous-entendu "peu im****te par quel moyen la guérison s'opère"...
> et, à
> mon sens, ce genre d'idée est totalement erronée avec les
> hallucinogènes dont le LSD. Ne serait-ce que du fait de sa dose
> efficace qui éloigne les risques de létalité.
En fait, on pense et dit la même chose, mais on s'est mécomprises :-)
J'aurais dû préciser ce que signifie le terme "toxicomanie" dans mon
vocabulaire : pour moi, ça n'a rien à voir avec la présence ou absence
d'une addiction (qui peut d'ailleurs ne pas être destructrice) mais avec
l'intention dans laquelle on utilse la soi-disant "drogue", à savoir en
l'occurrence un but auto-destructeur (c'était personnellement mon but
pendant ces plus de vingt ans). Je ne sais pas si une telle utilisation
est fréquente avec le LSD, je pense que non, mais elle n'est probablement
pas impossible (quand p.ex. je lisais il y a des années de ça de la part
de Joe Cocker qu'il avait tendance à prendre jusqu'à 30 trips par jour
dans les années '60 (ce qui est crétin, je sais) je me dis que là,
l'intention auto-destructrice n'était peut-être pas loin). Je précise
aussi que si je me désigne comme toxicomane, ce n'est pas du tout un
jugement de valeur, mais juste un constat de faits : je ne regrette pas
une seule seconde de ce que j'ai vécu, y compris les galères, souffrances
et psychoses graves, car tout ça m'a appris beaucoup de chsoes et fait
partie de qui je suis aujourd'hui, et ça j'y tiens, car je me suis
battue, et me bats encore, pour.
> Et d'ailleurs, ça a fait
> l'objet du combat de toute la vie d'Hofmann (et quelques autres plus
> médiatisés) que de sortir le LSD de cette image de "drogue". Ce qu'il
> a réussi si on considère la reprise des protocoles thérapeutiques avec
> ce produit en suisse.
Oui, et je trouve ça très bien (et ça rejoint ce que je dis plus haut).
Cornelia
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